2022

WP 2022.03 Carbon Footprints, Traded Emissions and Carbon-Price Cooperation Equity

Dominique Bureau

Résumé
L’observation des écarts existants entre les émissions de CO2 appréciées au niveau des inventaires territoriaux et celles résultant des demandes finales intérieures des pays (empreintes) met en exergue la nécessité de réduire les émissions importées des pays développés. Une tarification élargie du carbone aux frontières y contribuerait, mais elle nécessite d’écarter le risque d’utilisation protectionniste d’un tel instrument.
Cependant l’analyse ne peut se limiter à cette question car cette taxation des importations n’est pas un substitut à une coopération climatique renforcée. A cet égard, un mécanisme fondé sur la fixation d’un prix commun du carbone, par le biais d’une harmonisation de sa tarification nationale ou par un marché de quotas, présenterait, en plus de ses avantages habituellement mis en avant en termes d’efficacité et pour construire la coopération, le triple intérêt : d’écarter d’emblée les objections liées aux distorsions commerciales induites par les politiques climatiques ; d’assurer la régulation des émissions importées et celle des émissions internes avec le même niveau d’ambition ; et d’agir à la fois sur l’usage des produits importés ainsi que sur leurs modes de production. Dans ce cadre, le recours à la taxation des importations devient inutile, sauf vis-à-vis des non-participants.
Cependant, un Fonds vert est alors nécessaire pour répartir l’effort équitablement. De plus, ses règles doivent être adaptées quand on intègre les émissions liées au commerce, ce qui n’a pas été pointé jusqu’à présent dans les débats sur l’article 6 de l’Accord de Paris. Les conditions correspondantes sont précisées ici. En particulier, il est souligné que cette approche permet de n’avoir à traiter que des effets distributifs nets de la tarification du carbone impliquant les échanges.


WP 2022.02 Drought exposure and accuracy: Motivated reasoning in climate change beliefs

Guglielmo Zappalà

Résumé
Le consensus scientifique sur le changement climatique et ses conséquences ne se traduit pas par des croyances individuelles identiques sur ces questions. Comprendre le processus de formation des croyances des individus et ce qui motive leur interprétation des événements climatiques est donc primordial, en particulier dans les pays en développement et parmi les communautés agricoles, qui sont les plus susceptibles d’être affectés négativement par le changement climatique. Cet article utilise des données d’enquête provenant de ménages ruraux du Bangladesh ainsi que des données météorologiques  sur des sécheresses excessives par rapport aux moyennes historiques afin d’étudier comment l’exposition moyenne à long terme à la sécheresse et les écarts à court terme façonnent les croyances concernant les sécheresses. Pour étudier la façon dont les agents interprètent les sécheresses passées, j’utilise une approche de variable instrumentale. J’étudie si les croyances individuelles conduisent à des distorsions de l’information de manière asymétrique. Les résultats montrent que l’interprétation des sécheresses par les individus est biaisée dans la direction de leurs croyances, fournissant des preuves suggestives du biais de confirmation comme mécanisme de raisonnement motivé. Les résultats soulignent le besoin de modèles tenant compte des facteurs comportementaux pour étudier les croyances au sujet du changement climatique et leurs implications pour une communication efficace et pour la formulation des politiques d’adaptation.


WP 2022.01 Local economic development through clean electricity generation – an analysis for Brazil and a staggered difference-in-difference approach

Swaroop Rao – David Grover – Dorothée Charlier

Résumé
L’adaptation des systèmes énergétiques mondiaux est considérée comme un élément clé face au défi du changement climatique. Pour les pays en développement et leurs banques de développement, ce défi s’ajoute au besoin du développement économique, particulièrement pour réduire les taux de pauvreté dans ces pays. Dans cet article, nous analysons les impacts économiques des projets de la banque nationale de développement brésilienne. Nous utilisons la méthode du « two-way fixed effects » (TWFE) pour analyser un panel de 15 ans au niveau communal avec un traitement qui varie avec le temps (un traitement « échelonné »), qui prend en compte certains développements récents dans la littérature d’analyse des données de panel. Notre étude montre que la production d’électricité propre a un effet économique plus faible par rapport à la production d’électricité à partir des sources fossiles. Cet impact différencié est particulièrement remarquable quant aux effets sur la création d’emploi et au niveau salarial. Cette étude est la première qui utilise des données micro pour analyser les impacts économiques différenciés de la production d’électricité propre et de la production d’électricité à partir des sources fossiles. Nous postulons que cet impact différencié est dû aux différences des intensités de main-d’œuvre entre les emplois créés par la production d’électricité propre et ceux créés par la production d’électricité à partir des sources fossiles. Nous recommandons que les coûts des externalités de ces projets soient internalisés afin de mieux informer les banques de développement et les décideurs politiques. Enfin, les impacts économiques plus faibles de certains investissements des banques de développement pourraient également avoir des conséquences négatives sur les efforts de réduction de la pauvreté dans le pays.

Série Documents de travail

Plus d’articles similaires

Menu