2026

WP 2026.06 – Mobility Gini: distributional effects of climate policies through transportation choices

Andrea Rangel – Julie Metta – Aude Pommeret

Résumé

La transition énergétique induit des changements importants dans le secteur des transports. En particulier, la mobilité des ménages sera fortement impactée par les politiques publiques visant à atténuer le changement climatique. Cependant, ces politiques peuvent avoir des effets distributifs négatifs, augmentant le coût de la mobilité pour les personnes à faibles revenus, voire les empêchant de se déplacer. C’est pourquoi nous construisons un indice de distribution géographique basé sur la disponibilité et les coûts des transports : l’indice de Gini de mobilité. Cet indice prend en compte l’hétérogénéité des choix de transport des ménages, la valeur qu’ils accordent au temps de trajet et au confort, ainsi que l’offre de transport dans les différentes régions. De plus, nous développons l’indice de Gini d’émissions pour la mobilité afin de tenir compte du manque d’accès à des transports propres. Pour comprendre le processus décisionnel des ménages, nous élaborons un modèle théorique du choix de transport par rapport à la consommation d’autres biens. Grâce à ce modèle, nous testons les effets des politiques pour une transition juste et propre du secteur des transports sur les choix des ménages et leurs effets sur nos mesures d’inégalité proposées. Les méthodes présentées ici nous permettent de quantifier les effets potentiels des politiques climatiques sur les inégalités dans le cadre de la transition des transports.


WP 2026.05 – Strategic Fossil Expansion and the Timing of the Energy Transition

Fabien Prieur

Résumé

Nous développons un modèle dynamique d’exploitation des ressources épuisables, incluant l’exploration, dans lequel un régulateur détermine la date de fin du régime fossile en mettant en balance les profits de l’industrie et les dommages climatiques. Le poids attribué aux dommages reflète l’influence politique préexistante de l’industrie fossile. Nous comparons les interactions de type Nash et Stackelberg entre l’industrie et le régulateur. Dans le cadre d’un comportement de type Nash, la réglementation raccourcit la durée du régime fossile et réduit les émissions cumulées par rapport au scénario de référence non réglementé. Sous un leadership de type Stackelberg, cependant, un monopole peut accroître l’exploration par rapport au résultat de Nash afin de retarder la transition. En calibrant le modèle sur les données du marché mondial du pétrole, nous constatons que le leadership stratégique augmente les réserves d’environ 7 % par rapport au résultat de Nash et retarde la transition d’environ 2 à 3 ans. L’analyse fournit ainsi une explication aux investissements soutenus en amont dans le secteur fossile malgré les engagements annoncés en faveur de la neutralité carbone.


WP 2026.04 – Employment effects of environmental taxes and subsidies

Issa Sanou

Résumé

Cet article propose une nouvelle perspective sur la réforme de la fiscalité environnementale. En supposant que les ménages préfèrent les biens propres aux biens polluants, nous montrons que la mise en place de taxes sur les biens polluants, combinée à des subventions pour les biens propres, peut entraîner une hausse de l’emploi. Cette augmentation de l’emploi est stimulée par un accroissement du pouvoir d’achat, résultant d’une baisse des prix plus marquée que celle des salaires, incitant ainsi les ménages à travailler davantage. Concernant le dividende environnemental, la consommation de biens polluants tend à diminuer. Toutefois, un effet de rétroaction inattendu apparaît en raison de l’augmentation du pouvoir d’achat liée à l’impact positif des subventions sur l’emploi et sur la consommation de biens non polluants. Si les deux types de biens ne sont pas parfaitement substituables, cette hausse du pouvoir d’achat peut conduire à une consommation accrue de biens polluants, limitant ainsi les améliorations en matière de qualité environnementale. Ainsi, bien que les politiques de subvention puissent être plus acceptables en raison de leurs bénéfices en termes d’emploi, leur efficacité reste discutable.


WP 2026.03 – The Study of the Economic Effects for an Island of a Disruption in Commercial Links with the Mainland: The Case of the Island of Yeu

Hugo Emenegger – Clément Cohic – Sophie Pardo – Agnès Baltzer – Elsa Cariou

Résumé

L’évaluation des impacts dus au changement climatique est indispensable pour pouvoir prendre les bonnes décisions d’aménagement de protection face aux risques climatiques. Ces impacts peuvent être directs (résultant de l’effet physique de l’aléa sur les enjeux) ou indirects (découlant des impacts directs). L’évaluation des dommages directs fait relativement consensus et se fait usuellement par l’usage de fonction de niveau-dommages mais l’évaluation des dommages indirects, elle, créé de nombreux débats dans la communauté scientifique. Le présent article propose une analyse volumique des impacts indirects de l’élévation du niveau marin sur l’activité économique insulaire. L’une des caractéristiques de l’économie de l’île d’Yeu est d’être fortement dépendante des importations provenant du continent. Ainsi, la méthode présentée ici se propose d’estimer les effets concrets d’une rupture de la liaison maritime île-continent pour chaque entité économique du territoire en définissant des seuils d’impact allant de la rupture de stock à la pénurie généralisée sur l’ensemble de l’île. Cette recherche nous permet aussi d’observer certains facteurs d’aggravation des impacts, notamment relatifs à l’économie touristique. Les résultats montrent par exemple que le secteur de l’hôtellerie et restauration est le plus vulnérable face à ce risque et pourrait connaitre une rupture de stock après 5 jours sans approvisionnement de l’île. De ce résultat découle un risque de pénurie, aggravé lors de la période estivale par le fort accroissement du nombre de personnes sur l’île. Le travail présenté amène à considérer l’étude volumique des impacts indirects comme complémentaire des méthodes d’évaluation monétaires car celle-ci propose des résultats, à l’échelle micro et méso-économique, d’une nature radicalement différente permettant d’identifier certains leviers d’action pour mieux protéger les enjeux d’un territoire.


WP 2026.02  Reconciling Eco and Ego? The interplay between environmental and image concerns in consumption choices

Jérôme Pivard – Vincent Martinet

Résumé

Nous étudions l’articulation entre deux moteurs individuels majeurs de la consommation verte : les préoccupations morales intrinsèques pour l’environnement et les préoccupations réputationnelles liées à l’image sociale. Notre modèle microéconomique comportemental caractérise les choix entre styles de vie, différant par leur impact environnemental (brun/vert) et leur visibilité sociale (positionnel/discret), selon l’importance relative accordée à chacun de ces motifs. Nous montrons que les préoccupations d’image peuvent se substituer aux motivations environnementales pour inciter à une consommation verte dans une zone restreinte mais centrale de l’espace des préférences, notamment via l’achat de biens verts positionnels. Une telle conservation ostentatoire peut verdir la consommation individuelle (réconciliant « éco » et « ego »), en particulier chez les consommateurs sensibles à l’image, mais elle ne génère des bénéfices environnementaux que dans des conditions économiques spécifiques. En effet, l’impact environnemental d’un style de vie dépend de manière critique de son intensité d’impact relative, c’est-à-dire de la pollution par euro dépensé, bien plus que de la pollution par unité du bien représentatif du style de vie. Cette intensité détermine les effets de volume et les effets rebond comportementaux, qui réduisent tous deux les bénéfices environnementaux associés aux styles de vie verts. Connaître la distribution collective des préférences peut permettre de concevoir des politiques publiques ciblées, puisque ces préférences conditionnent fortement l’efficacité des instruments. Nos résultats sont particulièrement pertinents pour les politiques visant à encourager des choix de consommation plus verts dans différents contextes économiques (ex. : nudges écologiques, taxes environnementales modulées selon le caractère positionnel des biens…).


WP 2026.01 Climate Policies in the Housing Market?

Paloma Péligry – Grégoire Sempé

Résumé

Mitigating CO2 emissions in housing through retrofits has emerged as a crucial political issue. In this paper, we assess the macroeconomic and distributional impacts of key climate policies in the residential housing market. We build a quantitative heterogeneous agent model featuring high (green) and low (brown) energy efficient houses. Brown houses are associated with an additional cost of energy and can be retrofitted to a green house. We compare the effects of three policies: a tax on energy, a tax on brown rental income and a retrofit subsidy. The taxes widen the green to brown price ratio by penalizing brown houses, whereas the subsidy reduces it by lowering the substitution cost. The energy tax raises the user cost of brown housing, tightening affordability and increasing the renter share. The tax on brown rental income generates a « brown reallocation »: by decreasing brown house prices while leaving the user cost unchanged, it induces low-income renters to transition into brown homeownership. Finally, the subsidy improves affordability, enabling low-income households to enter green homeownership.

Plus d’articles similaires