Les Working Papers de la FAERE sont référencés dans EconPapers et RePEc.
Le numéro ‘International Standard Serial Number’ (ISSN) attribué à la série des FAERE Working Papers Series est ISSN:  2274-5556.

2017

2017.07
Environmental policy and human capital inequality: A matter of life and death

Karine Constant

Résumé
Cet article analyse les implications économiques d’une politique environnementale passant par le canal de l’espérance de vie d’agents hétérogènes. Dans un cadre où tout le monde souffre de la pollution mais l’état de santé des individus dépend également de leur niveau de capital humain, je trouve que l’économie peut être piégée dans une trappe où les inégalités ne cessent d’augmenter au fil des générations, en particulier lorsque l’intensité de la pollution est grande. De plus, de telles inégalités s’avèrent coûteuses pour l’économie à long terme, notamment en termes de santé et de croissance. Je montre que l’augmentation d’une taxe sur la production polluante, combinée avec un investissement en dépollution, peut permettre à une économie d’échapper à la trappe à inégalités tout en améliorant la croissance de long terme, lorsque les inégalités en capital humain ne sont pas trop élevées initialement.

2017.06
Intertemporal Abatement Decisions under Ambiguity Aversion in a Cap and Trade

Simon Quemin

Résumé
Nous étudions les décisions d’abattement intertemporelles d’une firme averse à l’ambiguïté couverte par un marché de permis. L’aversion à l’ambiguïté est introduite pour prendre en compte la prévalence d’incertitude réglementaire dans les marchés de permis existants. L’ambiguïté porte sur le prix de marché des permis et sur la demande de permis de la firme. L’aversion à l’ambiguïté distord l’efficience intertemporelle et induit deux effets : une distorsion pessimiste des croyances en faveur des situations ‘défavorables’ et un changement du facteur d’actualisation. L’allocation de permis n’est pas neutre et les décisions d’abattement intertemporelles de la firme ne dépendent pas seulement des futurs prix de marché espérés mais aussi des futures positions de marché espérées du point de vue de la firme. En particulier, le pessimisme conduit la firme qui s’attend à être courte (longue) à sur-abattre (sous-abattre) tôt par rapport à l’efficience intertemporelle. Nous montrons qu’il existe une incitation générale au sur-abattement précoce, qui est d’autant plus marquée sous allocation par enchères que sous allocations gratuites.

2017.05
Investment in Energy Efficiency, Adoption of Renewable Energy and Household Behaviour: Evidence from OECD countries

Prudence Dato

Résumé
Il existe des synergies possibles entre les mesures d’efficacité énergétique et l’adoption d’énergie renouvelable. Dans le secteur résidentiel, de nombreux travaux ont été réalisés sur la demande d’énergie propre et sur l’investissement dans l’efficacité énergétique. Toutefois, à notre connaissance il n’y a aucune étude spécifique qui étudie l’interaction entre les deux décisions. Cet article comble cette lacune dans la littérature et montre théoriquement dans un premier temps, qu’il existe des interactions (complémentarité ou substitution) entre les deux décisions en fonction d’un seuil relatif à l’effet croisé lié à la motivation environnementale du consommateur. Dans un second temps, le modèle théorique est suivi par une analyse empirique des interactions entre les deux décisions. Nous montrons que les deux décisions sont positivement liées entre elles et ne peuvent être estimées de manière indépendante. De plus, nous étudions les déterminants de l’interaction entre les deux décisions. Cette contribution peut servir à définir des politiques incitatives pour stimuler la transition énergétique en prenant en compte les problématiques liées à la pauvreté énergétique, la discordance des intérêts entre le propriétaire et le locataire, les motivations économiques et environnementales, etc.

2017.04
The Biofuel-Development Nexus: A Meta-Analysis

Johanna Choumert – Pascale Combes Motel – Charlain Guegang

Résumé
Bien que la production de biocarburants ait augmenté ces dernières années, la littérature sur son impact sur la croissance et le développement trouve des résultats contradictoires. Cet article présente une méta-analyse des études d’équilibre général calculable publiées entre 2006 et 2014. A partir de 26 articles, nous mettons en lumière les raisons pour lesquelles les résultats diffèrent. Nous étudions des facteurs tels que le type de biocarburants, la zone géographique et les caractéristiques des modèles. Nos résultats indiquent que les résultats des simulations en MEGC sont sensibles aux paramètres des modèles. Ils suggèrent également de grandes disparités entre les pays développés / émergents et les pays d’Afrique subsaharienne.

2017.03
Sustainability of an economy relying on two reproducible assets

Robert D. Cairns – Stellio Del Campo – Vincent Martinet

Résumé
L’évaluation de la durabilité d’une société nécessite un système de valeurs implicites dérivées de l’objectif de durabilité. En tant que première étape vers la dérivation de telles valeurs implicites pour un objectif maximin, cet article étudie une économie composée de deux actifs renouvelables, chacun produisant l’un des deux biens de consommation. L’effet de la substituabilité entre les deux biens dans l’utilité est étudié en supposant, l’une après l’autre, une substituabilité marginale néoclassique décroissante, une parfaite substituabilité et une parfaite complémentarité. Le degré de substituabilité a de forts impacts sur la solution maximin ; il affecte la régularité ou la non-régularité du programme et les valeurs implicites. Cela a d’importantes conséquences sur le calcul de l’épargne véritable et sur les perspectives de durabilité des générations futures.

2017.02
Natural cycles and pollution

Stefano Bosi – David Desmarchelier

Résumé
Dans ce papier, nous étudions la solution de marché d’un modèle à la Ramsey où une externalité polluante, émanant des activités de production, affecte une ressource naturelle renouvelable qui impacte la demande de consommation. Une taxe proportionnelle, levée au niveau de la production, est introduite pour financer des dépenses publiques de dépollution.
À long terme, deux états stationnaires peuvent coexister, l’un avec un niveau de ressource bas, l’autre avec un haut niveau de ressource. Il apparait qu’une taxe plus forte réduit le niveau de ressource de l’état stationnaire bas donnant naissance à un Green Paradox (Sinn, 2008). De plus, la taxe verte peut accroître le bien-être à l’état stationnaire haut ce qui n’est jamais le cas à l’état stationnaire bas. Par ailleurs, pour ce dernier, il est optimal de réduire la taxe verte autant que possible. À l’inverse, il existe un unique taux de taxe optimal à l’état stationnaire haut.
À court terme, les états stationnaires peuvent entrer en collision et disparaitre au travers d’une bifurcation saddle-node. Si la consommation et la ressource naturelle sont des biens substituables pour le ménage représentatif, un cycle limite peut apparaître au voisinage de l’état stationnaire haut. À l’inverse, ce type de cycles n’apparait jamais au voisinage de l’état stationnaire bas et ceci, quel que soit l’effet de la ressource sur la demande de consommation. Pour terminer, en nous concentrant sur les bifurcations de codimension deux, nous avons mis en évidence la possible occurrence d’une bifurcation de Bogdanov-Takens.

2017.01
Exploitation and Recycling of Rare Earths

Bocar Samba Ba – Raphaël Soubeyran

Résumé
Nous étudions le cas de l’exploitation de ressources épuisables tels que les terres rares et le phosphore. Nous utilisons un modèle standard d’exploitation d’une ressource épuisable à la Hotelling qui considère un secteur primaire et un secteur de recyclage. Nous montrons que, lorsque le secteur primaire est concurrentiel, le prix de la ressource recyclable augmente au fil du temps. Ce résultat est en porte à faux avec ce qui se passe dans le cas des biens durables où le prix optimal est soit décroissant, soit suit une forme en « U ». Nous proposons ensuite une nouvelle explication de la possible baisse du prix d’une ressource épuisable: lorsque le secteur primaire se comporte comme un monopole, le producteur de la ressource primaire à une incitation à retarder son activité de production dans le but de retarder le recyclage. Par conséquent, le prix de la ressource recyclable suit une forme en « U ». Nous montrons aussi que l’amélioration de la technologie du secteur de recyclage augmente le prix dans le court terme mais le diminue dans le long terme.

2016

2016.30   Prix FAERE du meilleur article de jeunes économistes
Common Resources Management and the « Dark Side » of Collective Action : an Impact Evaluation for Madagascar’s Forests

Sébastien Desbureaux

Résumé
A sufficient level of collective action between community members is often presented as a strong pre-requisite to sustainably governing local common property resources (CPR).
What if in some contexts instead, strong collective action led to short-term depletion of CPR instead of their sustainable use ? This paper brings to light causal evidence on the environmental impact of establishing community-managed forests in Madagascar and highlights the complexities underlying collective action in their sustainable management. I compile fine-scale deforestation data over 15 years, use a unique spatial census of locally managed CPR and mobilize firsthand field data from four case studies to show that transferring management rights to local communities has failed to decrease deforestation. Instead, the policy has led to an increasein deforestation in some areas, often when collective action was strong, not when it was weak. This is what I call the possible « dark side » of collective action.

2016.29
Phasing out the U.S. Federal Helium Reserve: Policy insights from a world helium model

Olivier Massol – Omer Rifaat

Résumé
Ce document s’intéresse aux modalités de mise en œuvre de la fermeture annoncée de la US Federal Helium Reserve (FHR), un important stock stratégique constitué par le gouvernement fédéral des Etats-Unis pendant la guerre froide, et à ses conséquences sur le marché mondial de l’hélium. Nous proposons un modèle numérique de type équilibre partiel qui représente de manière détaillée cette industrie. Dans ce modèle, les producteurs d’hélium et la FHR sont les joueurs d’un jeu dynamique. Nous construisons quatre scénarios représentatifs des évolutions possible de l’offre et de la demande d’hélium et comparons pour chacun d’eux, deux politiques alternatives visant à organiser la fermeture de la FHR : la cessation au plus tôt actuellement mise en œuvre par le gouvernement fédéral américain dans le cadre du 2013 Helium Stewardship Act et un mandat plus souple permettant une cessation progressive des activités de la FHR au cours des vingt prochaines années. Les résultats des simulations indiquent que, par rapport à la politique actuelle, le mandat souple améliore systématiquement le profit obtenu par l’état fédéral américain tout en réduisant le volume d’hélium émis dans l’atmosphère. Par ailleurs, ce mandat souple s’avère préférable du point du bien-être social mondial dans trois des quatre scénarios.

2016.28
Merchants of Doubt: Corporate Political Influence when Expert Credibility is Uncertain

Mireille Chiroleu-Assouline – Thomas P. Lyon

Résumé
L’un des rôles clés des organisations non gouvernementales (ONG) d’expertise scientifique est de contribuer à la transmission des connaissances scientifiques aux législateurs. Cependant, il a pu être récemment constaté que des groupes d’intérêt favorables aux intérêts industriels tentent souvent de saper la crédibilité de telles ONG et d’affaiblir leur capacité à influencer le processus de décision politique. Afin d’étudier les mécanismes par lesquels une entreprise peut avec profit créer le doute sur l’information scientifique, nous mettons en œuvre un modèle de signal dans lequel des groupes d’intérêt se livrent au lobbying alors que le législateur subit des coûts fixes de prise de décision de politique économique. Le premier repose sur un processus de persuasion bayésienne dans le but de faire passer l’ONG pour un groupe extrémiste radical dont le lobbying n’est pas crédible. Le second passe par la création d’un think tank qui peut offrir son propre témoignage sur les sujets scientifiques nécessitant des décisions de régulation. Nous montrons que la firme préfère que le think tank ne se comporte pas de façon modérée et crédible mais qu’il prenne de temps en temps des positions radicales, non-crédibles. Nous identifions les conditions pour lesquelles l’un des mécanismes est préféré à l’autre.

2016.27
The role of conflict for optimal climate and immigration policy

Fabien Prieur – Ingmar Schumacher

Résumé
Cet article analyse le lien entre changement climatique, immigration et conflit et s’intéresse à la conception des politiques publiques migratoires et d’atténuation dans un cadre théorique.

2016.26
Global warming as an asymmetric public bad

Louis-Gaëtan Giraudet – Céline Guivarch

Résumé
Nous proposons une extension du modèle de jeu dynamique appliqué au réchauffement climatique visant à intégrer les faits stylisés suivants : (i) alors que la plupart des pays s’apprêtent à subir des dommages, certains vont tirer des bénéfices à court terme ; (ii) la vulnérabilité des pays au réchauffement est peu corrélée à leur capacité d’atténuation du problème ; (iii) certaines technologies d’adaptation, comme la climatisation, peuvent aggraver le réchauffement. Ces asymétries ajoutent un problème de « conducteur clandestin » au problème classique de « passager clandestin ». L’extension proposée crée la possibilité d’une atténuation excessive en régime non coopératif. De plus, elle restreint le champ des améliorations de Pareto possibles sans transferts. Enfin, elle peut motiver une différenciation des prix pigouviens par pays.

2016.25
The land use change time-accounting failure

Marion Dupoux

Résumé
Le changement d’affectation des sols (CAS) constitue la deuxième source d’émission de gaz à effet de serre induits par l’homme après les énergies fossiles. Ce papier soulève les impacts de la considération temporelle uniforme des CAS, au sein des politiques d’énergie, sur l’évaluation économique de projets. Ce biais d’évaluation provient à la fois de : (i) la règle classique d’Hotelling employée pour les prix du carbone comme si la problématique du changement climatique reposait strictement sur les mêmes principes que les énergies non-renouvelables et (ii) le profil temporel des impacts des CAS pris comme constants au cours du temps au sein des principales politiques énergie (RED, RFS2). Tout d’abord, l’évolution temporelle des prix du carbone devrait s’appuyer sur deux éléments supplémentaires propres au changement climatique, à savoir l’absorption naturelle du carbone et l’incertitude, ce qui implique un éloignement de la règle standard d’Hotelling. Ensuite, la conversion d’un usage de terres en un autre génère une dynamique du carbone décrite comme décroissante au cours du temps par la littérature en biologie. A l’aide d’un modèle théorique, je montre que l’emploi de l’annualisation uniforme (comme dans la politiques énergie européenne notamment) dans une analyse coût-bénéfice, entraîne une évaluation incorrecte de projets liés aux CAS lorsque les prix du carbone dévient de la règle d’Hotelling.
Celle-ci accentue à la fois l’effet « écrasant » du taux d’actualisation et la hausse du prix du carbone, que ce soit le type d’impact (émission u séquestration). Ce cadre est appliqué ensuite aux impacts sur le réchauffement global du bioethanol en France pour lesquels le biais induit par l’annualisation uniforme est calculé. En particulier, les temps de retour de la profitabilité du carbone sous l’approche uniforme ne reflètent pas l’investissement carbone effectif des CAS. Ceci modifie potentiellement les conclusions relatives à l’atteinte des objectifs environnementaux imposés par les politiques énergie.

2016.24
L’économicisation de la nature, réalités historiques et mythes contemporains

Harold Levrel – Antoine Missemer

Résumé
Il est fréquent d’entendre dans le débat public et scientifique que l’économie, en investissant les sujets environnementaux, a fini par aliéner l’essence même de la nature, vue désormais comme un ensemble de biens, de services et de capitaux à préserver, voire à faire fructifier, sans égard pour les dimensions extra-économiques et symboliques qu’elle revêt. Cette économicisation de la nature s’exprimerait à travers des mécanismes de monétarisation, de privatisation et de marchandisation regrettables. Sans doute ces phénomènes sont-ils bien réels. Ils méritent néanmoins d’être examinés de près pour constater d’une part qu’ils ne sont pas nouveaux dans l’histoire des rapports homme-nature, et pour souligner d’autre part qu’ils entrent en concurrence avec des logiques de dés-économicisation de la nature, qu’il s’agit aussi de prendre en compte aujourd’hui. Notre contribution a donc pour ambition d’éclaircir le débat, en distinguant ce qui relève de la réalité et ce qui relève davantage du mythe dans cette économicisation de la nature, en soulignant que cette dernière n’est ni nouvelle, ni irréversible, ni univoque et qu’elle ne semble pas indéfectiblement liée à l’essor du(néo)libéralisme.

2016.23
Effect of gold mining on income distribution in Ghana

George Adu – Franklin Amuakwa-Mensah – George Marbuah – Justice Tei Mensah

Résumé
Cet article examine l’effet de l’exploitation minière sur le revenu des ménages et le bien-être et comment ces effets sont répartis sur différents quantiles de revenu et de bien-être. En utilisant les trois séries les plus récentes des Ghana Living Standards Surveys ainsi que des informations sur la localisation des mines d’or au cours des années d’enquête, nous avons estimé l’influence d’habiter dans une région minière, sur le revenu brut réel, le revenu du travail et les dépenses réelles (un proxy du bien-être) des ménages, en utilisant des modèles de moyenne et de régression quantile. Nous trouvons des preuves solides de l’effet négatif de l’exploitation minière sur le revenu et le bien-être des ménages. Nos résultats indiquent également que l’effet de réduction des revenus dus à l’activité minière pèsent lourdement sur les ménages au bas de la répartition des revenus. Dans le cas du bien-être des ménages, la révélation intéressante de notre résultat est que l’effet négatif de l’exploitation minière affecte en grande partie les deux extrémités inférieures et supérieures de la distribution du bien-être, le fardeau étant beaucoup plus lourd à l’extrémité la plus basse par rapport à la plus élevée. Notre papier, donc, fournit de nombreuses preuves que l’activité minière ne réduit pas seulement le revenu et le bien-être, mais qu’elle provoque aussi de nouvelles augmentations des inégalités dans la répartition des revenus et du bien-être.

2016.22
Pollution and infectious diseases

A paraître dans International Journal of Economic Theory.

Stefano Bosi – David Desmarchelier

Résumé
Des résultats empiriques récents soulignent l’impact négatif de la pollution sur l’offre de travail. Cette relation est expliquée par deux mécanismes : (1) la pollution modifie l’arbitrage travail-loisir en dégradant les conditions de travail (effet incitatif) ; (2) un environnement pollué promeut la propagation d’épidémies en affectant le système immunitaire des ménages (effet santé). Bosi et al. (2015) ont exploré les conséquences macroéconomiques qu’implique l’effet incitatif. En particulier, ces auteurs ont démontré qu’il pouvait générer l’apparition de fluctuations endogènes. Le présent papier se concentre, quant à lui, sur l’effet santé en développant un modèle à la Ramsey dans lequel une maladie infectieuse se propage. L’étude de la dynamique locale révèle que l’impact environnemental de la production peut générer l’apparition de cycles limites au voisinage de l’état stationnaire endémique. Plus précisément, au voisinage de cet état stationnaire, le système économique peut subir l’apparition d’une bifurcation transcritique suivie par deux bifurcations de Hopf.

2016.21
Un modèle de décroissance optimale

Marc Germain

Résumé
Dans le cadre d’un modèle de croissance à la Ramsey avec ressource naturelle et pollution et reposant sur les postulats de l’économie écologique, ce papier étudie les effets de politiques de décroissance volontaire sur la production et le bien-être. L’instrument de ces politiques est une taxe prélevée sur la ressource naturelle. Ces politiques sont appliquées par les pouvoirs publics suite au retournement de la fonction d’utilité des ménages induit par l’augmentation de la pollution.
Par rapport à la situation de laissez-faire, leur résultat est à la fois de réduire la production et la pollution d’une part, et d’accroître le bien-être d’autre part.
Une réaction plus tardive des autorités publiques suite au retournement de la fonction d’utilité des ménages implique que la taxation de la ressource naturelle doit être plus élevée pendant les premières périodes. Si la préférence pour le futur des autorités est plus grande, alors les gains d’utilité dus à la politique de décroissance sont moindres pour les premières générations de la dynastie et supérieurs pour les suivantes. L’impact du progrès technique économisant la ressource ou améliorant le traitement de la pollution est également analysé.

2016.20
Bring Back Our Light: Power Outages and Industrial Performance in Sub-Saharan Africa

Justice Tei Mensah

Résumé
Les coupures d’électricité sont devenues une caractéristique de nombreuses économies d’Afrique sub-saharienne. Ce papier tente d’étudier les impacts micro et macroéconomiques de pannes d’électricité par l’estimation des effets sur les revenus et la productivité des entreprises et sur la croissance de la production des secteurs manufacturiers et industriels. En outre, j’évalue l’impact de l’auto-génération pour atténuer les effets des pénuries d’électricité sur les performances des entreprises en utilisant une approche quasi-expérimentale. Les résultats de l’analyse révèlent des effets négatifs importants des pénuries d’électricité sur les revenus et la productivité des entreprises comme sur la croissance de la production de l’industrie manufacturière et des secteurs industriels. Enfin, contrairement à l’idée que l’auto-génération peut être utile aux entreprises pendant les périodes de panne, nos données suggèrent que le recours à l’auto-génération est associé à des pertes de productivité malgré des gains de revenus à court terme.

2016.19
The actual impact of shale gas revolution on the U.S.manufacturing sector

Yassine Kirat

Résumé
Cet article étudie l’avantage comparatif procuré par la révolution du gaz de schiste des États-Unis à leur secteur manufacturier. Nous estimons la réponse de différentes variables économiques du secteur manufacturier américain avec des modèles dynamiques de données de panel qui permettent d’obtenir une réponse de chaque secteur en fonction de son intensité énergétique. Nous montrons que la baisse du prix relatif du gaz naturel aux Etats-Unis par rapport à l’Europe a conduit à une augmentation de l’activité industrielle d’environ 2%. Nous montrons également que les exportations se sont accrues de 0,86% et que les importations ont décru de 1,11%. Nous mettons en outre en évidence l’existence de breaks structurels dans la relation entre les prix du gaz naturel et les importations et exportations. Globalement, nous en concluons que la révolution des gaz de schiste a permis l’expansion de certains secteurs industriels sans pour autant avoir eu un effet important sur le secteur manufacturier dans son ensemble.

2016.18
An evaluation of French municipal solid waste pricing system

Houévoh Amandine Gnonlonfin

Abstract
Cette étude évalue les effets « prévention » et « substitution » des trois taxes du système de tarification incitative de la gestion des déchets municipaux en France. Nous avons estimé les élasticités des quantités de déchets municipaux collectés et traités dans les filières de recyclage des matières, de compostage, de l’incinération avec et sans récupération d’énergie, de l’enfouissement et de la mise en décharge. Pour cela, nous avons utilisé les données départementales issues des enquêtes « collecte » 2005-2011 de l’ADEME. L’utilisation des modèles en panel et de Heckman two-step a permis de contrôler les biais d’endogénéité et de sélection liés aux décisions des collectivités locales quant aux technologies de traitement et aux taxes incitatives. Les résultats montrent une complémentarité des trois taxes française à savoir la Redevance incitative, la Responsabilité Élargie du Producteur et la Taxe Générale sur les Activités Polluantes ; avec une primauté de l’effet de la Redevance sur la demande des ménages et une primauté de l’effet de la Responsabilité Élargie du Producteur sur la sélection de la technologie de traitement au niveau des collectivités locales.

2016.17
Climate agreements in a mitigation-adaptation game

Basak Bayramoglu – Michael Finus – Jean-François Jacques

Résumé
Nous étudions l’interaction stratégique entre les stratégies de l’atténuation du changement climatique (bien public) et de l’adaptation au changement climatique (bien privé). Nous montrons que ces deux stratégies sont des substituts stratégiques en considérant différentes définitions de substituabilité. Par ailleurs, l’adaptation peut donner naissance à des situations où les efforts d’atténuation des pays ne sont plus des substituts mais des compléments stratégiques. Nous analysons les conditions sous lesquelles ces complémentarités conduisent à des accords climatiques auto-renforçant signés par un nombre important de signataires. Nos résultats peuvent s’étendre à de multiples problèmes d’externalité impliquant les biens publics.

2016.16
Trade in environmental goods and sustainable development: What are we learning from the transition economies’ experience?

Natalia Zugravu-Soilita

Résumé
Dans cette étude, nous analysons les effets causaux de l’intensité des échanges internationaux de biens environnementaux (BE) sur la pollution de l’air et de l’eau, en traitant les variables de commerce, de politique environnementale et de revenu comme endogènes. Nous estimons un système d’équations simultanées de forme réduite sur des données de panel, de 1995 à 2003, pour les pays en transition de la Communauté des États Indépendants et de l’Europe Centrale et Orientale. Nos résultats empiriques suggèrent que, bien que l’intensité des échanges de BE (liste agrégée) réduit les émissions de CO₂ principalement grâce à un effet indirect passant par le revenu, ce type de commerce augmente la pollution de l’eau (l’effet négatif induit par le revenu ne permettant pas de compenser intégralement l’effet positif direct d’échelle-composition). Aucun effet significatif sur les émissions de SO 2 n’est trouvé pour le commerce total de BE. En plus des effets divergents selon la nature des polluants, les résultats apparaissent sensibles à la classification des BE : technologies et produits moins polluants, produits/équipements «en bout de chaîne», produits préférables pour l’environnement, etc. Par exemple, un double bénéfice —environnemental et économique— n’est trouvé que pour le commerce de technologies et produits moins polluants dans les modèles expliquant les émissions de gaz à effet de serre. Des résultats intéressants sont discutés séparément pour les importations et les exportations de différentes catégories de BE. Dans l’ensemble, nous ne pouvons pas valider l’urgence d’une libéralisation globale et uniforme des échanges de BE dans une perspective de développement durable. Des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux, prenant en compte les priorités spécifiques des États, pourraient agir comme des blocs-constructeurs vers une libéralisation globale de BE, réalisée séquentiellement.

2016.15
Environmental Incentives: Nudge or Tax?

Benjamin Ouvrard – Sandrine Spaeter

Résumé
Nous considérons un modèle dans lequel les individus peuvent volontairement contribuer afin d’améliorer la qualité environnementale. Ces individus diffèrent dans leur confiance accordée au régulateur concernant le risque de pollution qu’il annonce, modélisé par un modèle d’UDR, et dans leur sensibilité environnementale. Nous comparons l’efficacité d’une taxe pour augmenter le niveau des contributions individuelles avec les avantages d’un nudge basé sur l’annonce de la contribution optimale à chacun des individus. Sous certaines conditions, un nudge peut induire un niveau de contributions plus élevé, car la réaction individuelle dépend directement de la sensibilité environnementale, alors que la réaction à une taxe ne dépend qu’indirectement de la sensibilité. De plus, un nudge ne nécessite pas de connaître des informations concernant les contributions privées, contrairement à une taxe basée sur les contributions non fournies par rapport à l’optimum social. Enfin, la mise en place d’un nudge est moins coûteuse. Cependant, certains défauts des nudges sont discutés. Des simulations illustrent nos résultats.

2016.14
Interaction between CO2 emissions trading and renewable energy subsidies under uncertainty: feed-in tariffs as a safety net against over-allocation

Oskar Lecuyer – Philippe Quirion

Résumé
Nous étudions les interactions entre un système de quotas échangeables d’émissions de CO2 (ETS) et une subvention aux énergies renouvelables, en présence d’incertitude sur la demande d’électricité et les coûts. Tout d’abord, nous montrons que dans la plupart des ETS en place dans le monde, l’incertitude a suscité une surallocation (définie comme un plafond d’émissions supérieur aux émissions qui auraient eu lieu en l’absence d’ETS), au moins pendant un temps.
Nous développons ensuite un modèle analytique et un modèle numérique appliqué au marché de l’électricité de l’Union européenne, où les subventions aux énergies renouvelables ne sont justifiées que par la réduction des émissions de CO2. Nous montrons que dans ce contexte, si l’incertitude est faible, les subventions aux énergies renouvelables ne sont pas justifiées, mais si l’incertitude est assez grande, ces subventions augmentent le bien-être espéré, car elles réduisent les émissions de CO2 même en cas de surallocation.
La source d’incertitude est importante lorsque l’on compare les différents types de subventions aux énergies renouvelables. En cas d’incertitude sur la demande d’électricité, sur le coût des énergies renouvelables ou sur le prix du gaz, un tarif d’achat apporte un bien-être espéré supérieure à une prime fixe, car il fournit une subvention plus élevée quand c’est réellement nécessaire, c’est-à-dire lorsque le prix de l’électricité est faible. En cas d’incertitude sur le prix du charbon, le résultat inverse est vrai. Ces résultats apportent un éclairage nouveau sur le remplacement de tarifs de rachat par des primes, qui a lieu en ce moment en Europe.

2016.13
Willingness to pay for environmental quality and social capital influence in Sweden

George Marbuah

Résumé
La reconnaissance croissante du capital social comme un paramètre important nécessaires pour façonner le comportement pro-environnement et les attitudes est bien établi dans la littérature et continue de retenir l’attention des décideurs politiques, des universitaires et des citoyens dans de nombreuses juridictions. Dans cet article, nous contribuons à ce volet de la littérature en étudiant la mesure dans laquelle les différents éléments de la tendance de capitaux sociaux influences public suédois à contribuer financièrement ou par des changements de style de vie afin de protéger l’environnement. Utilisant les données de la dernière vague du Programme international Enquête sociale (ISSP) sur l’environnement en 2010, nous explorons de manière empirique le lien entre la volonté des individus à payer (CAP) et l’influence du capital social en utilisant un modèle logistique ordonné. Les résultats montrent que, les individus en Suède sont assez disposés à payer pour l’environnement et que cette décision est principalement et fortement influencé par les éléments du capital social. En particulier, nous trouvons des résultats assez solides pour montrer que la confiance sociale et institutionnelle, l’appartenance à un groupe environnemental parmi les activités de participation civique connexes et le respect des normes environnementales impact significatif sur la probabilité de la décision des individus à sacrifier vers la durabilité environnementale en payant plus élevé des taxes environnementales, les prix ou par niveau de rajustements de vie.

2016.12
How useful are (Censored) Quantile Regressions for Contingent Valuation? Evidence from a flood survey

Victor Champonnois – Olivier Chanel

Résumé
Nous étudions l’intérêt des régressions quantiles (QR) et régressions quantiles censurées (CQR) pour l’analyse des données issues d’évaluations contingentes (CV). En effet, bien que les estimateurs (C)QR ont plusieurs propriétés intéressantes pour l’évaluation contingente, la littérature est peu développée puisqu’elle ne comprend que six études. Nous procédons en trois étapes. D’abord nous exposons les raisons pour lesquelles les (C)QR peuvent contribuer à résoudre plusieurs problèmes économétriques associés aux données d’évaluation contingente. Ensuite des simulations de Monte Carlo étudient les performances des (C)QR par rapport aux modèles standards (linéaire et censuré). Enfin, nous appliquons ces quatre modèles à une évaluation contingente française traitant du risque d’inondation. Bien que nos résultats montrent l’utilité des régressions quantiles pour l’analyse des données d’évaluation contingente, ils ne permettent pas de conclure sur l’intérêt des estimateurs CQR par rapport aux estimateurs QR.

2016.11
The determinants of household’s flood mitigation decisions in France – evidence of feedback effects from past investments

Claire Richert – Katrin Erdlenbruch – Charles Figuières

Résumé
Dans cet article, nous étudions les déterminants de la lutte individuelle contre les inondations en France. Nous avons mené une enquête auprès de 331 habitants de deux zones inondables et recueilli des données sur plusieurs questions, comme l’atténuation individuelle contre les inondations, la perception du risque, l’expérience du risque, et les caractéristiques socio-démographiques. Nous estimons des modèles de choix discrets pour expliquer les mesures de précaution mises en place par le ménage, et aussi l’intention de prendre de telles mesures. Nous testons la robustesse de la Protection Motivation Theory (PMT) en France ; nous discutons de son champ d’application et nous questionnons l’existence d’effets de rétroaction des investissements passés sur les intentions de protection. Nos résultats confirment que la PMT est un cadre pertinent pour décrire les mécanismes de lutte contre les inondations privée en France, en soulignant en particulier l’importance de l’évaluation de la menace, de l’expérience de la menace, et de l’adaptation. Certaines caractéristiques socio-démographiques sont également importantes pour expliquer l’atténuation privée des inondations. Nos résultats corroborent aussi la présence d’effets de rétroaction, qui suggèrent que la mise en place de mesures de précaution réduit la perception du risque d’inondation. L’existence de ces effets de rétroaction implique que les mesures envisagées, plutôt que celles mises en œuvre, devraient être examinées pour explorer davantage les déterminants de la lutte privée contre les inondations.

2016.10
From Primary Resources to Useful Energy: The Pollution Ceiling Efficiency Paradox

Jean-Pierre Amigues – Michel Moreaux

Résumé
On étudie une économie produisant des services énergétiques à partir d’une ressource fossile polluante et d’une ressource renouvelable non-polluante sous une contrainte portant sur la concentration atmosphérique en carbone, de manière équivalente portant sur la température admissible. Les taux de transformation des sources d’énergie primaire en énergie utile sont des variables endogènes coûteuses. Choisir d’accroître les taux de conversion suppose de recourir à des procédés plus sophistiqués, partant plus coûteux. Nous montrons qu’indépendamment du progrès technique, le long d’un équilibre concurrentiel en prévisions parfaites qui est aussi Pareto optimal, le taux de transformation de toute ressource effectivement exploitée doit croître au cours du temps, excepté lorsque la contrainte carbone est active, une conclusion que nous appelons le « paradoxe du plafond carbone ».

2016.09
La transition énergétique est-elle favorable aux branches à fort contenu en emploi ? Une approche input-output pour la France

Quentin Perrier – Philippe Quirion

Résumé
Dans le débat public sur la transition énergétique en France, l’emploi occupe une place prépondérante. Nous calculons, pour l’économie française en 2010, le contenu en emploi et en gaz à effet de serre des différentes branches, c’est-à-dire le nombre d’emplois et de tonnes-équivalent-CO2 par million d’euros de demande finale.Nous utilisons pour cela le tableau entrées-sorties au niveau le plus désagrégé disponible (64 branches). Nous développons et appliquons ensuite une méthodologie originale pour décomposer les écarts de contenu en emploi entre branches en cinq facteurs: le taux d’importations de produits finaux, le taux d’importations de consommations intermédiaires, les taux de taxes et subventions, les niveaux de salaire et la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée. Enfin, nous étudions certaines substitutions inter branches qui découleraient d’une transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

2016.08
Trade and fisheries subsidies

Basak Bayramoglu – Brian R. Copeland – Jean-François Jacques

Résumé
Les membres de l’Organisation Mondiale du Commerce ont tenu compte des subventions à la pêche dans le cycle de négociations commerciales de Doha. Cet article présente un modèle simple qui montre les difficultés d’atteindre un accord sur les subventions à la pêche. Habituellement, les externalités internationales créent des incitations aux exportateurs pour négocier des réductions des subventions: la subvention d’un pays aggrave les termes à l’échange des autres exportateurs. Ces incitations peuvent ne pas exister dans le cas des pêcheries pour 3 raisons. D’abord, si les stocks de poissons sont très réduits, la subvention d’un pays réduit son offre de poissons de long terme. Ceci augmente le prix des poissons et donc bénéficie aux autres pays exportateurs de poissons. Deuxièmement, si les gouvernements utilisent d’autres politiques pour gérer les stocks de poissons, alors les modifications de subvention ne peuvent pas affecter les prises et par conséquent ne peuvent pas générer des effets sur les prix internationaux. Et troisièmement, même si les gouvernements ont été contraints de réduire les subventions à la pêche, peu d’effets réels sont attendus car les gouvernements seraient tentés d’affaiblir d’autres régulations visant le secteur de la pêche.

2016.07
Precautionary Storage in Electricity Markets

Tunç Durmaz

Résumé
Puisque la production d’énergie renouvelable dépend de chocs météorologiques, sa croissance récente a rendu la production totale d’énergie plus risquée, et a accru l’intérêt porté au stockage. Dans cet article, nous nous intéressons au motif de précaution pour le stockage, en nous appuyant sur une utilité marginale convexe (prudence) et un coût marginal convexe (frugalité). Nous construisons un modèle théorique simple et montrons que la prudence et la frugalité peuvent favoriser le stockage. Sous l’hypothèse de marchés concurrentiels, nous montrons de plus que ces deux éléments conduisent à une augmentation du prix de l’énergie, en raison d’une plus forte demande de stockage, et à une réduction de la volatilité de ce prix. Les résultats confirment que le motif de précaution a d’importants impacts directs et indirects sur les prix et la production d’énergie.

2016.06
Energy Tax Reform in Time of Crisis : The Case of Energy-Dependent and Open Economies

Emmanuel Combet

Résumé
Le renchérissement de l’énergie est à la base de l’efficacité des politiques visant la bonne gestion des systèmes énergétiques et l’atténuation des dommages environnementaux associés. Ce renchérissement peut néanmoins causer des pertes économiques sur une période de transition, lorsque les substitutions techniques n’ont pas encore pu se déployer. Ce papier analyse les conséquences d’une hausse du prix relatif de l’énergie par rapport au travail sur la production agrégée et l’emploi. Cette hausse prend la forme d’une substitution marginale des prélèvements obligatoires sur le travail par de la fiscalité énergétique. Nous développons un modèle d’équilibre général représentant une économie ouverte, en situation de sous-emploi, et fortement dépendante aux énergies importées. Ce modèle est suffisamment simple pour ne pas restreindre l’analyse au voisinage d’un optimum. Nous montrons comment l& #039;évaluation des conséquences pour la production et l’emploi est sensible au jeu de paramètres décrivant 1) le fonctionnement de l’économie (la réaction des salaires domestiques au chômage, et l’effet sur le commerce extérieur de la variation des coûts de production), et 2) l’état initial de l’économie (les consommations d’énergie, le prix d’importation des énergies, les niveaux de chômage et de salaires, les prélèvements sur le travail et l’énergie). Lorsque l’économie domestique ne bénéficie pas d’avantage comparatif ‘hors coûts’ importants (la condition de Marshall-Lerner est vérifiée), l’effet est positif indépendamment des autres paramètres. Lorsque cette condition n’est pas vérifiée, l’effet est positif uniquement lorsque les salaires s’ajustent de façon à compenser les hausses de factures énergétiques, et ainsi, soutenir la demande intérieure.

2016.05
Groundwater Overdraft, Electricity, and Wrong Incentives: Evidence from Mexico

Vicente Ruiz

Résumé
La surexploitation d’eau menace la viabilité d’un nombre croissant de nappes phréatiques au Mexique. La quantité excessive d’eau souterraine extraite par les activités agricoles, en se appuyant sur des méthodes d’irrigation, a contribuée de manière importante à cette problématique. L’objectif de cet article est d’analyser, à partir d’une approche structurelle, l’effet des changements du prix de l’eau souterraine sur l’utilisation de différents facteurs de production. En utilisant une combinaison de plusieurs sources de micro-données, ainsi que d’une fonction de coût du type Translog, je propose un modèle pour la technologie des producteurs qui font face à la surexploitation des nappes phréatiques. Les résultats de cette analyse montrent que l’élasticité-prix de l’eau souterraine pour l’échantillon analysé est -0,54. Par ailleurs, ces résultats montrent également que suite à un changement dan s le prix de l’eau souterraine, la main-d’oeuvre et l’engrais peuvent réagir comme substituts de l’eau souterraine.

2016.04
The nature and impacts of environmental spillovers on housing prices: A spatial hedonic analysis

Masha Maslianskaia-Pautrel – Catherine Baumont

Résumé
L’article s’intéresse à la dimension spatiale des effets environnementaux. Nous utilisons des avancées récentes de l’économétrie spatiale pour montrer que l’interprétation des estimations hédoniques en tant que prix implicit des attributs des logements dépend de la spécification du modèle spatiale. Notamment, le prix implicit combine un effet feedback et un effet de propagation et peut être interprété en termes de spillovers locaux et globaux. Nous construisons un modèle empirique de l’espace estuarien ligérien, un espace rural et urbanisé avec des zones naturelles et des espaces plus artificialisés. Nous étudions différents schémas d’interaction spatiale pour tester la robustesse de nos estimations. Cette analyse suggère que les schémas basés sur la distance inverse et de petits voisinages aboutissent à des estimations stables. Ce résultat est également cohérent avec un comportement des ménages qui s’intéressent dans leur recherche à la comparaisons avec des maisons plus proches et limitent les zones d’investigation. Comme attendu, l’impact positif est concentré sur les attributs traditionnels comme la proximité au front de mer et les endroits calmes. Au contraire, la présence de zones humides de différents types a un impact négative probablement à cause de risques (d’inondation et d’autres) associé avec cette proximité. En outre, si les quartiers urbanisés sont plus appréciés par les ménages, c’est plutôt parce que les zones rurales le sont moins que pour les aménités urbaines elles-mêmes.

2016.03
Preferences and pollution cycles

Stefano Bosi – David Desmarchelier – Lionel Ragot

Résumé
Nous étudions le sentier de croissance concurrentiel d’une économie à la Ramsey où la pollution (externalité négative) affecte à la fois la demande de consommation et l’offre de travail des ménages. La pollution y est introduite comme une variable de stock avec une forte persistance au cours du temps. Dans la littérature, des situations d’indétermination locale apparaissent lorsque la pollution prend la forme d’un flux. Dans notre modèle, lorsque la pollution augmente la demande de consommation (effet de compensation), tout en réduisant l’offre de travail (effet loisir), des équilibres multiples apparaissent au voisinage de l’état stationnaire (indétermination locale) au travers d’une bifurcation de Hopf (cycle limite). Ce résultat surprenant s’explique par la présence de l’effet loisir qui rend le processus d’accumulation de la pollution plus volatile.

2016.02
Climate variability and infectious diseases nexus: evidence from Sweden

Franklin Amuakwa-Mensah – George Marbuah – Mwenya Mubanga

Résumé
Dans cet article, nous évaluons empiriquement des prédictions fondées sur un modèle théorique qui relie changement climatique et santé. En utilisant les données suédoises sur les maladies infectieuses, nous estimons la relation de causalité entre la variabilité du climat et des mesures de la santé. En règle générale, nous constatons que le nombre de patients et les admissions à l’hôpital sont significativement influencées par des indicateurs du changement climatique et des variables socio-économiques tels que le revenu et le nombre d’immigrants. L’effet de la température sur la santé est ambigu et sensible à la mesure de température choisie (hivernale, estivale, ou en moyenne annuelle). Les précipitations expliquent le nombre de patients et les admissions seulement lorsque l’on utilise la température estivale. De plus, les émissions carbonées jouent un rôle significatif en été. Enfin, la relation entre santé et revenu par tête suit une courbe en U inversée.

2016.01
Adaptation and mitigation are not enough: turning to emissions reduction abroad

Aude Pommeret – Alain Ayong Le Kama

Résumé
Dans cet article, nous étudions la dynamique de long terme du mix optimal entre adaptation et atténuation en présence d’un seuil de pollution au-dessus duquel l’adaptation n’est plus efficace. Les accumulations du capital d’atténuation, des GES et du capital d’adaptation sont prises en compte afin de mieux appréhender l’arbitrage entre investissement en atténuation et investissement en adaptation. Les dommages de la pollution sont issus de la consommation dans le pays domestique mais proviennent aussi des émissions du reste du monde (RDM). Un seuil de pollution est alors introduit, au-dessus duquel l’adaptation n’est plus efficace. Nous obtenons que si ce seuil est inférieur au niveau de pollution d’état stationnaire, il n’est pas possible pour l’économie de l’éviter. En particulier, une telle situation apparaît si les émissions du RDM sont importantes. L’étape suivante consiste à introduire un autre instrument permettant de réduire l a pollution du RDM ie. un instrument réduisant les émissions étrangères tel que le MDP par exemple. Nous obtenons que le MDP peut être un moyen d’éviter le seuil de pollution au-delà duquel l’adaptation est inutile.

2015

2015.21
A Tale of Two Diversities

Chloé Mulier – Pierre Courtois – Charles Figuières

Résumé
Une gestion efficace de la biodiversité vise à allouer les efforts de conservation afin de maximiser la diversité. Définir un critère de diversité est cependant loin d’être trivial ; il n’y a pas un, mais plusieurs indices qui peuvent être utilisés comme mesures de la biodiversité. Ce travail élicite et compare deux critères pour la conservation in situ de la biodiversité. Ces critères sont dérivés de deux indices de biodiversité, chacun issus de disciplines différentes : celui de Weitzman en économie et celui de Rao en écologie. Les deux indices combinent différemment des éléments d’information sur : (1) la probabilité de survie des espèces, et (2) les dissimilitudes entre espèces. Afin de réellement disposer de critères de protection in situ, il nous faut ajouter une autre couche d’information sur (3) les interactions écologiques entre les espèces. Dans un écosystème simple à trois espèces, nous montrons que le choix d’un critère ou l’autre a des implications politiques, car ils offrent parfois des recommandations de protection divergentes. Nous démêlons le rôle joué par les éléments (1), (2) et (3) dans le classement, ce qui nous permet de mettre en évidence certaines spécificités des indices in situ. Par exemple, toutes choses égales par ailleurs, le classement in situ de Weitzman tend à favoriser les espèces « robustes », tandis que le classement in situ de Rao donne la priorité aux espèces « fragiles ».

2015.20
Optimal Timing of Carbon Capture Policies under Learning-by-doing

Publié dans Journal of Environmental and Economics Management, 78: 20-37 (2016).

Jean-Pierre Amigues – Gilles Lafforgue – Michel Moreaux

Résumé
A l’aide d’un modèle standard de gestion de ressources « à la Hotelling », nous caractérisons les sentiers optimaux d’utilisation de trois options énergétiques : le charbon « sale » (non-renouvelable et émetteur de CO2), le charbon « propre » (également non-renouvelable mais rendu propre grâce au captage et au stockage du carbone (CSC)) ; et l’énergie solaire (renouvelable et non-émettrice de CO2). En outre, nous imposons un seuil maximal exogène que ne peut dépasser la concentration atmosphérique de carbone. En considérant les effets d’apprentissage dans la technologie du CSC, nous montrons les résultats suivants : i) L’utilisation de charbon propre ne peut commencer avant l’atteinte du plafond de concentration et doit cesser avant la fin de la période où cette contrainte agit sur la société ; ii) Le prix de l’énergie peut évoluer de façon non-monotone au cours du temps ; et iii) Lorsque le coût du solaire est suffisamment bas, peut apparaître une séquence inédite dans l’ordre de déploiement des différentes options énergétiques, où l’utilisation du solaire cède temporairement la place à l’exploitation de charbon propre.

2015.19
Environmental regulation with and without commitment under irreversible investments

Jean-Philippe Nicolaï

Résumé
Cet article étudie les décisions d’investissement sur le long terme des entreprises soumises à une taxe sur les émissions et exerçant un pouvoir de marché sur le marché des produits. Les entreprises investissent dans des équipements de long terme permettant de réduire les émissions. Le papier compare la régulation environnementale avec et sans engagement. Dans le cas avec engagement, le gouvernement annonce la taxe sur les émissions et les entreprises décident alors de leur niveau d’investissement. Dans le cas sans engagement, le régulateur annonce un niveau de taxation mais est libre de le modifier une fois que les entreprises ont investi. Nous déterminons si une régulation sans engagement conduit à une régulation plus ou moins contraignante que dans le cas avec engagement.

2015.18
Climate element of migration decision in Ghana: Micro Evidence

Franklin Amuakwa-Mensah

Résumé
Il y a peu d’études empiriques pour éclairer le débat actuel sur l’impact du climat et de l’environnement sur les migrations. Ce travail étudie l’impact du climat sur les migrations en comparant les deux recensements de 2005/2006 et 2012/2013 au Ghana, en corrigeant les biais de sélection par la méthode en deux étapes due à Heckman. Les décisions de migration sont supposées dépendre des conditions climatiques locales. Les résultats montrent que les facteurs socio-économiques comme les gains anticipés, la taille du ménage, l’éducation, le secteur d’emploi, et d’autres variables, ainsi que les variables climatiques, influencent significativement la décision individuelle de migrer. La savane côtière et les zones de forêt attirent plus de migrants que les zones de savane du nord du pays; et la probabilité de migrer vers les premières est plus grande à la marge. Ces effets sont renforcés par les variables climatiques. La migration peut ainsi être considérée comme une stratégie d’adaptation en réponse aux changements actuels vers des températures plus élevées et des précipitations plus faibles.

2015.17
L’information préventive améliore-t-elle la perception des risques ? Impact de l’Information Acquéreur Locataire sur le prix des logements

Amélie Mauroux

Résumé
Cette étude évalue l’impact de l’obligation « d’information acquéreur locataire » (IAL) sur les prix immobiliers et sur la perception des risques naturels des habitants des zones exposées. La date de mise oeuvre de l’obligation d’IAL, le 1er juin 2006, est utilisée comme un choc xogène sur l’information des cheteurs immobiliers quant à l’exposition aux risques des ogements. Un modèle de prix hédoniques en différence de ifférences est estimé sur une ase de données unique roisant les transactions mmobilières en 2006 issues e bases notariales et la artographie des zonages èglementés exposés aux isques des Plans de révention des Risques aturels. Les communes dans e périmètre de l’étude sont outes soumises à un seul plan de Prévention des risques portant sur les nondations. Cette étude porte donc uniquement sur l’application de l’IAL pour le risque inondation.
Les résultats indiquent que la mise en place de l’IAL a accru la proportion de ménages informés, ce qui s’est traduit, toutes choses égales par ailleurs dans les communes soumises à un Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRi), par une baisse des prix au mètre carré de certains des biens soumis à l’IAL par rapport à des biens similaires mais en dehors du périmètre des PPRi. C’est le cas notamment des appartements en rez-de-chaussée ou situés dans une commune touchée par une catastrophe naturelle l’année précédant la vente. La mise en place de l’obligation d’IAL a également réduit la probabilité de vendre à des personnes ne résidant pas sur le lieu d’achat, et donc vraisemblablement moins bien informées auparavant.

2015.16
The Long-Run Impact of Biofuel on Food Prices

A paraître dans Scandinavian Journal of Economics.

Ujjayant Chakravorty – Marie-Hélène Hubert – Michel Moreaux – Linda Nostbakken

Résumé
Plus de 40% du maïs US est maintenant utilisé pour produire des biocarburants qui servent de substitut à l’essence dans les transports. On a reproché aux biocarburants d’avoir provoqué des hausses des prix des biens alimentaires et de nombreuses études ont montré que les politiques énergétiques des Etats-Unis et de l’Union Européenne ont eu un impact important (30 – 60 %) sur les prix de ces biens. Dans cet article, nous utilisons un modèle d’équilibre partiel pour montrer que les effets de demande (la croissance de la population, une plus grande appétence pour la viande et les produits laitiers induite par la croissance des revenus, au détriment des céréales) jouent un rôle aussi important dans la hausse des prix des biens alimentaires que les politiques pro-biocarburant. Nous spécifions un modèle ricardien dans lequel les terres sont de qualités différentes et nous trouvons qu’on devrait s’attendre à une extension significative des terres exploitées, ce qui permettra probablement une hausse modérée des prix des biens alimentaires. Cependant la plus grande consommation de biocarburants peut causer un accroissement des émissions de carbone à l’échelon mondial du aux fuites de consommation de pétrole vers les pays sans politique pro-biocarburant, permise par des prix du pétrole plus bas et aux conversions à la culture de pâturages et de forêts.

2015.15
Climate damages on production or on growth: what impact on the social cost of carbon

Céline Guivarch – Antonin Pottier

Résumé
Des modèles d’évaluation intégrée (IAM) ont récemment introduit la possibilité que les dommages du changement climatique portent sur la croissance et non plus sur la production, ce qui était l’hypothèse traditionnelle depuis les travaux de Nordhaus. Selon les résultats de ces nouvelles études, les dommages sur la croissance conduisent à une valeur sociale du carbone (VSC) plus importante.Dans cet article, nous ré-examinons l’effet de la forme des dommages sur la VSC en introduisant une mesure du niveau total de dommages.
Avec un modèle simple intégrant l’économie et le climat, nous comparons trois spécifications des dommages climatiques: des dommages quadratiques sur la production, des dommages linéaires sur la croissance et des dommages quadratiques sur la croissance.Lorsque l’on considère des niveaux de dommages égaux, des dommages sur la croissance ne conduisent pas toujours à des niveaux de VSC plus élevés que des dommages sur la production.
L’effet de la forme des dommages sur la VSC dépend au contraire des paramètres de bien-être, tel que le taux de préférence pure pour le présent ou l’élasticité intertemporelle de substitution.
Il est donc important de bien séparer l’effet du montant de dommages de l’effet de la forme des dommages.

2015.14
Carbon Emissions and Social Capital in Sweden

George Marbuah – Ing-Marie Gren

Résumé
Cet article s’intéresse au rôle du capital social dans la dynamique des émissions de CO2 per capita dans les différentes régions de Suède, en utilisant un cadre dit de courbe de Kuznets environnementale augmentée. Nous prenons en compte les questions d’endogénéité en présence d’effets dynamiques et spatiaux à l’aide de données géo-référencées, et nous montrons que les émissions per capita dans une région sont influencées par les émissions d’autres régions, et que le capital social joue un rôle, même en contrôlant des effets démographiques, économiques et environnementaux. Nous testons deux mesures du capital social, la confiance dans le gouvernement et l’engagement pour l’environnement. La première joue dans le sens d’une réduction des émissions; la seconde aussi, mais seulement quand elle est croisée avec le revenu ou avec la première mesure. Ces estimations suggèrent que des efforts d’accroissement du capital social en Suède pourraient jouer un rôle dans la réduction des émissions aux côtés d’autres instruments de politique climatique.

2015.13
Environmental tax reform in a federation with rent-induced migration

Jean-Denis Garon – Charles Séguin

Résumé
Nous étudions les effets sur le bien-être d’une réforme fiscale verte neutre. La réforme voit l’augmentation d’une taxe sur un intrant de production polluant et l’utilisation des revenus pour la réduction d’une taxe sur le travail. Les ménages sont parfaitement mobiles à l’intérieur de la fédération, dans laquelle les régions sont inégalement pourvues en ressource naturelle non-renouvelable. Les rentes générées par la ressource naturelle sont propriétés des régions et distribuées à leurs citoyens sur la base de la résidence, ce qui amène à une migration inefficace vers la région riche en ressource. La région pauvre en ressource ayant ainsi un produit marginal du travail plus élevé, la réforme fiscale verte diminue l’ampleur de la migration inefficace. Cet impact positif peut significativement réduire le coût d’atténuation de la pollution, ce qui mène à des taux plus élevés de taxation environnementale que si les effets migratoires étaient ignorés.

2015.12
Environmental impacts of the French final consumption

Laurent Meunier – Frédéric Gilbert – Eric Vidalenc

Résumé
Afin de lutter contre le changement climatique, des objectifs ambitieux ont été fixés, comme la division par 4 des émissions de GES en 2050 par rapport à 1990. Cependant, en se concentrant sur les émissions territoriales, les émissions incluses dans les biens importés sont négligées. Or, si les émissions territoriales de la France ont diminué depuis 1990, plusieurs études montrent que les émissions liées à la consommation ont augmenté. C’est pourquoi ce sont les émissions à la consommation qui sont considérées dans ce papier. De plus, l’analyse présentée considère d’autres impacts environnementaux: acidification de l’air, eutrophisation et production de déchets industriels non-dangereux. La contribution de cette recherche est de 3 ordres. Premièrement, nous affinons les résultats d’une précédente étude. Deuxièmement, un scénario de consommation finale des ménages conduisant à une réduction des impacts environnementaux est construit. Enfin, les conditions mathématiques de validité des résultats de notre analyse ont été étudiées en profondeur.

2015.11
Energy efficiency subsidies with price-quality discrimination

Publié dans Energy Economics 52(S1): S53-62 (2015).

Marie-Laure Nauleau – Louis-Gaëtan Giraudet – Philippe Quirion

Résumé
Nous comparons des politiques destinées à améliorer l’efficacité énergétique d’un bien durable produit par un monopole, dans un contexte où coexistent des externalités dues à la consommation d’énergie et une discrimination prix-qualité. L’optimum social peut être atteint avec des subventions différenciées. Si ces subventions sont ad valorem, la subvention en faveur du bien le plus efficace conduit le monopoleur à réduire l’efficacité de l’autre bien. Les taux optimaux doivent toujours diminuer avec l’efficacité énergétique. Des subventions proportionnelles à l’efficacité énergétique n’entraînent pas de telles interférences et les taux peuvent augmenter avec l’efficacité énergétique si l’externalité est assez grande. Des instruments non différenciés ne permettent d’atteindre qu’un optimum de second rang. Une norme d’efficacité minimale doit être fixée de manière à couvrir l’ensemble du marché si le s consommateurs ne sont pas trop dissemblables, sinon elle doit cibler le bien le moins efficace. Si une taxe sur l’énergie est retenue, elle doit être fixée au-dessus du coût marginal externe. De même, si une subvention ad valorem uniforme est retenue, elle doit être supérieure à la subvention qui serait nécessaire pour internaliser spécifiquement l’externalité. Enfin, si, comme cela est souvent observé dans la pratique, seul le bien le plus efficace est subventionné, mieux vaut une subvention proportionnelle à l’efficacité énergétique plutôt qu’ad valorem. Une taxe ad valorem sur ce bien peut même être préférée à une subvention ad valorem si l’externalité est assez faible.

2015.10
Heterogeneous firms and the environment: a cap-and-trade program

Lisa Anouliès

Résumé
Les programmes de plafonnement et d’échange de permis d’émissions sont actuellement la pierre angulaire des politiques et propositions de lutte contre le changement climatique dans de nombreux pays. J’étudie les effets économiques et environnementaux de différentes formes de cette politique, en équilibre général, lorsque les entreprises sont hétérogènes et en concurrence monopolistique. Cette étude trouve d’abord que le plafond d’émissions définit parfaitement la qualité de l’environnement mais n’a aucun effet sur les profits des entreprises et leurs décisions d’entrée ou de sortie du marché. Au contraire, l’augmentation de la part de l’allocation gratuite des permis d’émissions réalloue les ressources entre les entreprises vers les plus productives : l’allocation initiale des permis impacte donc les décisions d’entrée et de sortie des entreprises et les variables économiques agrégées mais pas l’environnement. L’hétérogénéité des entreprises amplifie ces effets économiques d’un changement dans l’allocation initiale des permis.

2015.09
Cross-commuting and housing prices in a polycentric modeling of cities

Vincent Viguié

Résumé
Cependant, comment en pratique mettre en place de telles stratégies reste à l’heure actuelle relativement peu clair. Une des raisons vient du fait que, bien que l’on sache que la structure spatiale des villes a des conséquences importantes sur les trajets effectués par les habitants, on est encore loin d’avoir une bonne compréhension du lien entre les deux. Un exemple emblématique est l’incapacité des approches économiques usuelles à expliquer les trajets et les choix de localisation des ménages dans une ville polycentrique. Dans cette étude, nous introduisons une nouvelle manière de représenter ces choix dans le formalisme standard de l’économie urbaine, en modélisant explicitement les coûts de déménagement et les imperfections de marché empêchant les ménages de trouver un logement correspondant de manière parfaite à leurs attentes. En prenant l’aire urbaine de Paris comme cas d’étude, nous montrons que cette nouvelle modélisation, malgré sa simplicité, permet de reproduire les caractéristiques principales de l’agglomération en termes de répartition de la population, de niveaux des loyers, et de choix de déplacements des habitants. Une validation sur la période 1900/2010 montre également que le modèle représente les principaux déterminants de l’évolution de la structure de la ville sur cette période, suggérant ainsi que celui-ci peut être utilisé comme outil d’aide à la décision et d’analyse de politiques publiques.

2015.08
Quel mode de soutien pour les énergies renouvelables électriques?

A paraître dans la Revue Française d’Economie.

Philippe Quirion

Résumé
Si la plupart des pays développés et émergents soutiennent les énergies renouvelables dans le secteur électrique, ils le font de manière différente. Les trois principaux modes de soutien existant sont les tarifs d’achat garantis, les primes et les quotas combinés à des certificats verts. Nous fournissons une synthèse de la littérature économique portant sur la comparaison de ces modes de soutien. Nous concluons que les quotas souffrent de nombreuses faiblesses par rapport aux deux autres modes de soutien : mauvais réaction à l’incertitude, risque important pour les financeurs qui accroît le coût des projets, coûts de transaction plus élevés. Tarifs et primes présentent chacun des avantages et inconvénients, et il n’est pas évident que le passage des premiers aux seconds, en cours en Allemagne et en France, soit justifié. Enfin, au-delà du choix de principe quant au mode de soutien, de nombreux arbitrages concrets sont tout aussi importants, comm e le financement de ce soutien et sa différenciation entre segments de marché, nécessaire pour limiter les rentes mais potentiellement source d’inefficacités.

2015.07
Hedonic Model with Discrete Consumer Heterogeneity and Horizontal Differentiated Housing

Masha Maslianskaia Pautrel

Résumé
Le présent papier étudie du point de vue théorique, comment l’équilibre hédonique est modifié en présence d’une hétérogénéité discrète de consommateurs et une différenciation horizontale de l’offre du logement. Trois résultats principaux sont obtenus. Premièrement, une hétérogénéité discrète des consommateurs aboutit à une segmentation de la fonction de prix hédonique d’équilibre, avec une discontinuité du prix implicite de la qualité environnementale sur les bords des segments. Deuxièmement, nous démontrons qu’une différenciation horizontale peut aboutir à l’équilibre à un ordonnancement partial de la demande des consommateurs pour les attributs des logements. Enfin, nous montrons qu’une hétérogénéité discrète de consommateurs en présence d’une différenciation horizontale de l’offre peut modifier l’évaluation du bien-être social.

2015.06
Global Sensitivity Analysis of an Energy-Economy Model of the Residential Building Sector

Publié dans Environmental Modelling & Software. 70 : 45-54 (2015).

Frédéric Branger – Louis-Gaëtan Giraudet – Céline Guivarch – Philippe Quirion

Résumé
Cet article présente les résultats d’analyse de sensibilité de Res-IRF, un modèle hybride de demande d’énergie pour le chauffage dans le parc de logements français. Res-IRF a été conçu dans le but d’améliorer la description des comportements de demande d’énergie. Les différents leviers de la demande d’énergie – la quantité d’investissements dans l’efficacité énergétique, la qualité de ces investissements et le comportement d’utilisation de l’énergie par les occupants – sont dissociés et déterminés de façon endogène. Le modèle prend également en compte les barrières connues à la diffusion de l’efficacité énergétique : l’hétérogénéité des préférences des consommateurs, les problèmes d’incitation entre propriétaires et locataires, et l’inertie de la diffusion de l’information. La pertinence de ces choix de modélisation est évaluée grâce à la méthode de Morris, qui permet d’explorer l’incertitude du modèle en couvrant l’ensemble de l’espace paramétrique. L’analyse de sensibilité révèle que le paramètre auquel le modèle est le plus sensible est le prix de l’énergie. Le modèle est également sensible aux facteurs paramétrant les différents leviers de la demande d’énergie. En comparaison, l’influence des paramètres représentant les barrières à l’efficacité énergétique est faible. Ces conclusions confirment l’intérêt du modèle et soulignent l’importance du comportement des occupants comme priorité pour la recherche empirique.

2015.05
Energy Transition under Irreversibility: a Two-sector Approach

Prudence Dato

Résumé
Ce papier analyse la transition énergétique optimale en considérant une économie à deux secteurs (énergie et bien final), deux sources d’énergie (polluante et propre) et une menace de pollution. La source polluante d’énergie est le pétrole dont les réserves sont épuisables alors que la source propre est renouvelable. A partir d’un certain seuil de pollution, une catastrophe surviendra et entraînera une perte partielle du stock de capital (les inondations par exemple). Une partie de l’énergie est utilisée par un consommateur représentatif à travers une fonction d’utilité CRRA, et l’autre partie comme facteur de production suivant une fonction de production de type Leontief, pour produire du bien final. En outre, on suppose que les deux sources d’énergie sont complémentaires. Nous utilisons les conditions d’optimalité à la Boucekkine et al. (2013) pour montrer que le chemin optimal de transition énergétique peut correspondre à un régime de coin. L’économie commence par utiliser les deux sources d’énergie, puis dépasse le seuil de pollution et perd une partie de son capital suite à la catastrophe. L’économie n’adoptera pas uniquement l’énergie renouvelable. Ce résultat est en ligne avec les arguments soutenant une transition énergétique asymptotique indiquant que la transition complète vers une énergie «propre» ne peut se produire que dans le très long terme. Nous étendons notre modèle en tenant compte des investissements supplémentaires dans les technologies moins consommatrices d’énergie. Nos principaux résultats montrent que cet investissement supplémentaire favorise la transition énergétique dans le sens où elle augmente le délai dans lequel l’économie peut connaître la catastrophe et augmente aussi le bien-être de la société. Comme implications politiques, des instruments économiques tels que les taxes sur l’énergie polluante, les subventions sur l’énergie «propre» ou des incitations pour les technologies moins consommatrices d’énergie doivent être mis en place afin de promouvoir la transition énergétique. Mais ces instruments économiques devraient être soigneusement conçus en ligne avec le résultat de la transition énergétique asymptotique.

2015.04
Can the Energy Transition Be Smooth?

Jean-François Fagnart – Marc Germain

Résumé
Nous analysons la transition d’une économie décentralisée dont l’offre d’énergie évolue progressivement d’une ressource non renouvelable à une ressource renouvelable.

 

2015.03
Protecting Biodiversity by Developing Bio-Jobs: a Multi-branch Analysis with an Application on French Data

Jean De Beir – Céline Emond – Yannick L’Horty – Laetitia Tuffery

Résumé
Dans chaque économie il y a des emplois favorables à la biodiversité que nous appelons bio-emplois. Ces emplois existent dans un petit nombre de branches qui ont un lien avec les ressources naturelles ou une emprise sur les milieux: activités du cœur vert, carriers, entreprises du BTP, entreprises de gestion de l’eau et des déchets.
Nous nous intéressons aux politiques économiques de préservation de la biodiversité qui jouent sur le développement de ces emplois. Nous considérons un modèle où la puissance publique dispose de deux types d’instruments: elle peut soutenir la demande adressée aux branches riches en bio-emplois, au travers de commandes publiques, ou bien elle peut chercher à favoriser le développement de nouvelles combinaisons productives plus intenses en bio-emplois, par des subventions ciblées sur ces emplois. Nous recherchons la combinaison la plus efficace de ces deux instruments -demande et offre- et nous montrons que la puissance publique doit conduire une action différenciée selon les branches qui doit obéir à des règles précises. Nous montrons que les niveaux de la demande privée et des salaires jouent un rôle majeur dans le choix du gouvernement. Enfin, nous appliquons ces recommandations sur des données françaises.

2015.02
Non-renewable and Intermittent Renewable Energy Sources: Friends and Foes?

Edmond Baranès – Julien Jacqmin – Jean-Christophe Poudou

Résumé
Ce papier s’intéresse aux liens entre des modes de production intermittent renouvelable et non-renouvelable de l’électricité. Plus précisément, nous montrons que la relation entre le prix du gaz et les capacités investies dans la production d’électricité solaire et éolienne n’est pas univoque. Cette relation n’est pas linéaire mais quadratique. Pour un niveau de prix relativement faible, les deux modes de production sont substituables. Sinon, dès qu’un niveau de prix est dépassé, ils sont complémentaires. Un modèle théorique explique cela comme le résultat d’un arbitrage entre la différence de coût production à la marge entre ces deux modes de production et les risques liés à la nature imprévisible des énergies renouvelables. Nous montrons ensuite que ce résultat est robuste à différentes spécifications empiriques en utilisant des données américaines.

2015.01
Consumer Misperception of Eco-labels, Green Market Structure and Welfare

Dorothée Brecard

Résumé
Comment la perception erronée des consommateurs des éco-labels concurrents affecte-t-elle l’efficience environnementale et économique des éco-labels ? Cet article propose une analyse théorique de cette question fondée sur un modèle de double différenciation dans lequel trois produits sont potentiellement en concurrence : un produit non labélisé et deux produits labélisés de qualités environnementales moyenne et élevée (portant des labels distincts). Nous comparons le cas d’information parfaite, dans lequel les consommateurs connaissent la qualité environnementale des trois produits, et le cas d’information imparfaite, dans lequel les consommateurs n’évaluent pas parfaitement la qualité environnementale associée à chaque label et perçoivent tous les éco-labels comme un signe de qualité environnementale élevée et chaque label comme une variété particulière du produit. Nous montrons que la confusion des consommateurs peut affecter la structure du marché en affaiblissant la firme proposant le produit le plus vert. Paradoxalement, la confusion des consommateurs ne nuit pas toujours au bien-être social car, lorsque la qualité perçue des deux produits éco-labélisés est relativement élevée, la confusion peut contribuer à améliorer la qualité de l’environnement et le surplus des consommateurs. De plus, alors que les firmes choisiraient des critères de labellisation uniformes et exigeants si les consommateurs étaient parfaitement informés, elles pratiquent le « greenwashing » lorsqu’elles connaissaient la façon dont les consommateurs forment leurs croyances sur le qualité environnementale des produits. Enfin, nous montrons qu’en cas de perception erronée des consommateurs, une ONG mettraient en place un label moins exigeant qu’en information parfaite. Les conclusions sur la stratégie d’éco-labélisation du régulateur ne sont quant à elle pas clairement tranchées.

2014

2014.16

Interval Bidding in a Distribution Elicitation Format

Pierre-Alexandre Mahieu – François-Charles Wolff – Jason Shogren

Résumé
L’enchère sous la forme d’un intervalle (ou interval bidding) permet aux participants d’une enquête monétaire de déclarer une fourchette de montants plutôt qu’un montant exact. Ici, il est demandé aux enquêtés de choisir une distribution. A partir d’une enquête portant sur la protection des éléphants, nous montrons que la forme de la distribution varie d’un individu à l’autre et que le degré d’incertitude est proportionnelle au consentement à payer. Nous trouvons également que le consentement à payer espéré et le niveau d’incertitude ne sont pas les mêmes suivant que le paiement est hypothétique ou non.

2014.15
Un modèle de mobilité résidentielle avec taxe foncière

Marc Germain – Dominique Peeters

Résumé
Une communauté d’individus hétérogène en termes de revenus occupe un territoire divisé en zones caractérisées par des niveaux d’aménités différents. Partant du concept de rente ricardienne, nous proposons un modèle déterminant les rentes offertes dans les différentes zones et la répartition de la population entre celles-ci.
Une taxe foncière sous la forme d’un forfait par unité de surface modifie l’équilibre du marché de la terre obtenu sans taxe si son montant dépasse la rente de certaines zones.
Les ménages locataires doivent alors se concentrer sur un territoire réduit, ce qui affecte négativement leurs niveaux d’utilité. Si les recettes fiscales sont recyclées pour financer un bien public global, l’impact négatif de la taxe sur les ménages locataires peut être atténué, voire plus que compensé.
Une externalité affectant négativement les aménités d’une zone se traduit par une variation des rentes de l’ensemble des zones via un processus de “vote avec les pieds”. En présence d’une taxe foncière, l’externalité peut entraîner une diminution du territoire occupé. En revanche, la taxe peut aussi être à la base d’un système de compensation financière des propriétaires lésés par l’externalité par les propriétaires non lésés.

2014.14
Tradable Renewable Quota vs. Feed-In Tariff vs. Feed-In Premium under Uncertainty

Robert Marschinski – Philippe Quirion

Résumé
Nous étudions la performance de trois instruments de soutien aux énergies renouvelables en cas d’incertitude : quotas d’énergie renouvelable (Tradable Renewable Quota, TRQ), tarif d’achat garanti (Feed-In-tarif, FIT), et prime fixe (Feed-In-Premium, FIP). Nous développons un modèle stylisé du marché de l’électricité, où les énergies renouvelables sont caractérisés par une externalité positive d’apprentissage, que le régulateur vise à internaliser. Nous étudions trois sources d’incertitude : le coût de l’électricité d’origine fossile, le coût de l’électricité d’origine renouvelable et la demande totale d’électricité. Nous dérivons analytiquement les conditions qui déterminent le classement relatif de ces instruments en terme de bien-être espéré. Nous confirmons généralement le rôle clé des pentes de bénéfices marginaux et les coûts associés à la politique, mais le classement spécifique dépend du type d’incertitude considéré, et de la nature temporaire ou permanente des chocs. Toutefois, un taux d’apprentissage élevé favorise généralement le FIT, tandis que TRQ est largement dominé par les deux autres instruments. Ces résultats sont confirmés dans une application numérique pour le marché américain de l’électricité, dans laquelle le FIP apparaît comme le choix dans l’ensemble plus robuste et le TRQ comme le moins robuste.

2014.13
Inducing Sorting Investment and Implementation of an Alternative e-Waste Market under Imperfect Information

Prudence Dato

Résumé
Dans un contexte de coûts élevés d’élimination des déchets électroniques (e-déchets) dans les pays développés combiné avec un système de surveillance imparfait, la partie non réutilisable des e-déchets est souvent illégalement mélangée avec la partie réutilisable. Ce type de mélange est envoyé dans les pays en développement traduisant une « injustice environnementale » avec d’importantes externalités négatives. Pour résoudre ce problème, nous proposons un marché alternatif des déchets électroniques autre que l’actuel système de surveillance et nous analysons la conception optimale des mécanismes d’incitation pour sa mise en place. Ce marché alternatif consiste en un commerce conjoint de la partie réutilisable et de la partie non réutilisable des e-déchets. Dans cet article, nous utilisons la théorie des incitations appliquée au marché des e-déchets. Nous voulons montrer comment inciter les firmes exportatrices d es e-déchets des pays riches à entreprendre des investissement de tri qui permettrait de mettre en place ce type de marché alternatif des déchets électroniques. Les résultats montrent que, si le coût de tri est faible, le contrat optimal pour inciter à l’investissement dans le tri et mettre en place le marché alternatif des déchets électroniques est un contrat de type Baron-Myerson (BM). De plus, nous identifions des conditions pour éviter le marché actuel. Enfin, nous construisons l’ensemble des décisions optimales de la firme importatrice des e-déchets dans le sud suivant l’ensemble des coûts de tri. L’une des implications directes de ces résultats est que si le coût n’est pas trop élevé pour dissuader l’investissement dans le tri, la firme importatrice devrait inciter la firme exportatrice à investir dans le tri de sorte que le marché alternatif soit facilement mis en place.

2014.12
Is Choice Experiment Becoming more Popular than Contingent Valuation? A Systematic Review in Agriculture, Environment and Health

Pierre-Alexandre Mahieu – Henrik Andersson – Olivier Beaumais – Romain Crastes – François-Charles Wolff

Résumé
Cet article propose une revue systématique s’appuyant sur un grand nombre d’articles publiés dans des revues économiques référencées dans la base de données du web of science. Les résultats d’une analyse économétrique et descriptive montrent que la méthode des choix multi-attributs (MCMA) connaît plus de succès que la méthode d’évaluation contingente (MEC). De plus, les revues spécialisées en santé et en agriculture sont plus tournées vers la MCMA que celles spécialisées en environnement. Finalement, des divergences sont observées entre les revues quand on s’intéresse aux caractéristiques des MCMA comme la construction du questionnaire, le type de personnes interrogées ou encore les modèles économétriques utilisés. En particulier, il est plus courant d’utiliser des modèles à paramètres aléatoires en environnement qu’en santé ou en agriculture.

2014.11
Optimal Carbon Sequestration Policies in Leaky Reservoirs

Alain Jean-Marie – Michel Moreaux – Mabel Tidball

Résumé
Nous étudions dans ce rapport un modèle de la capture et du stockage du carbone (CSS), dans lequel le réservoir de carbone capturé fuit, de telle sorte que la pollution est in fine rejetée dans l’atmosphère. Nous formulons le problème du planificateur social comme un programme de contrôle optimal et nous décrivons les chemins de consommation optimaux, en fonction des conditions initiales, ainsi que des paramètres physiques et économiques du problème. En particulier, nous montrons que la présence de fuites peut conduire à des situations qui ne se produisent pas sinon,
dont le fait d’avoir des sentiers de prix optimaux non monotones.

2014.10
Reaping the Carbon Rent: Abatement and Overallocation Profits in the European Cement Industry, Insights from an LMDI Decomposition Analysis

Publié dans Energy Economics, 47 (2015).

Frédéric Branger – Philippe Quirion

Résumé
Cet article analyse les variations des émissions de CO2 de l’industrie cimentière Européenne de 1990 à 2011, au niveau Européen (UE 27), et au niveau national pour six grands producteurs (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Italie et Pologne). La méthode utilisée est la technique LMDI (Log-Mean Divisia Index), en croisant trois bases de données : GNR (Getting the Number Right) développée par la Cement Sustainability Initiative, EUTL (European Union Transaction Log) et Eurostat (commerce international).
Cette méthode de décomposition permet de séparer sept canaux de changement d’émissions : l’activité, le commerce de clinker, l’intensité clinker du ciment, les combustibles alternatifs, l’efficacité énergétique (thermique et électrique) et la décarbonisation de l’électricité. Hormis une tendance de réduction des émissions de faible amplitude due à des améliorations technologiques (en premier lieu de la baisse de l’intensité clinker du ciment, puis d’une augmentation des combustibles alternatifs), la plupart des variations des émissions peuvent être attribuées à l’effet des activités.
L’utilisation de scénarios contrefactuels permet ensuite d’estimer que l’introduction du SCEQE (EU ETS) a apporté un abatement technologique faible mais positif (2.0% plus ou moins 1.1%). D’autre part, nous trouvons que l’industrie cimentière Européenne a gagné 3.5 milliards d’euros de « profits de surallocation », la majeure partie due au ralentissement de la production. D’après ces résultats, nous recommandons un système d’allocations de quotas proportionnel à la production, basée sur un benchmarking hybride (clinker et ciment) contraignant.

2014.09
Price versus Quantities versus Indexed Quantities

Frédéric Branger – Philippe Quirion

Résumé
Nous développons un modèle stochastique permettant de classer différentes politiques (taxe, quotas absolus ou en intensité) selon leurs coûts sociaux totaux espérés. Trois types d’incertitude sont pris en compte : l’incertitude concernant les coûts d’abatement, l’incertitude concernant les émissions au fil de l’eau, et l’incertitude concernant la future production économique (les deux dernières étant corrélées). Deux paramètres, le ratio des pentes des bénéfices et coûts marginaux d’une part, et la corrélation entre l’incertitude concernant les émissions au fil de l’eau et l’incertitude concernant la future production économique d’autre part, sont cruciaux pour déterminer quel instrument est préférable.
Lorsque les bénéfices marginaux sont relativement plus plats que les coûts marginaux, la taxe est préférable aux quotas fixes (résultat de Weitzman). Lorsque la corrélation précédente est plus grande qu’un seuil dépendant de paramètres, les quotas en intensité sont préférables aux quotas absolus. Une condition intermédiaire est trouvée pour comparer la taxe avec les quotas en intensité. Nous établissons un pont entre la littérature qui minimise la variance des coûts d’abatement et celle qui inclut également la variance des bénéfices environnementaux, et trouvons qu’exclure ces derniers introduit un biais en faveur des quotas en intensité par rapport aux quotas absolus.
Le modèle est ensuite testé empiriquement pour sept régions différentes (Chine, Etats-Unis, Inde, Russie, Brésil et Japon) en utilisant les données passées de PIB et d’émissions, ainsi que les prévisions de l’International Energy Outlook. Nous trouvons que la taxe est préférable aux quotas (absolus ou en intensité) dans tous les cas, et que les quotas en intensité sont préférables aux Etats-Unis et dans les pays émergents (sauf Brésil où la détermination est ambiguë), tandis que les quotas absolus sont préférables en Europe et au Japon.

2014.08
Renewable Energy, Subsidies, and the WTO: Where has the ‘Green’ Gone?

Patrice Bougette – Christophe Charlier

Résumé
Face à l’impératif de la transition énergétique, les gouvernements doivent décider de politiques publiques pour promouvoir la production d’énergie renouvelable et protéger l’industrie amont. Le différend OMC « Canada – énergie renouvelable » porte sur le programme de tarifs rachats garantis Tarif de rachat garantis (FIT) de l’Ontario présentant une exigence de contenu local (LCR). L’Union européenne et le Japon ont affirmé que les programmes FIT constituent des subventions non éligibles dans le cadre de l’Accord SCM, et que la LCR est incompatible avec le principe de non-discrimination de l’OMC. Cet article examine cette question en utilisant un modèle de duopole international avec différenciation verticale dans lequel les producteurs d’équipements de production d’énergie renouvelable se concurrencent en prix. Les programmes FIT avec et sans LCR sont comparés sur leurs effets sur le commerce, les profits, la quantité d’électricité renouvelable produite et le bien-être domestique. Lorsque les quantités sont prises en compte, les résultats confirment la discrimination. Toutefois, l’introduction d’une différence dans la qualité des équipements de génération d’électricité renouvelable fournit des résultats plus mitigés. Enfin, les résultats permettent de discuter de la question de savoir si la protection de l’environnement peut être mise en avant comme une raison pour subventionner les producteurs d’énergie renouvelable à la lumière de l’Accord SCM.

2014.07
Tarification au Prix-Limite et (In)Efficacité de la Taxe Carbone

A paraître dans Journal of Public Economics

Saraly Andrade de Sa – Julien Daubanes

Résumé
Cet article remet en question la capacité d’une taxe carbone à réduire la production de pétrole. La demande de pétrole est très inélastique. Face à une telle demande, un cartel de producteurs vise à établir le prix le plus élevé possible, pour autant que ce prix ne la détruise pas : le cartel tolère les substituts « non drastiques », mais prévient les possibilités de substitution qui pourraient détériorer trop drastiquement la demande de pétrole. Les équilibres au prix-limite des marchés de ressources non renouvelables sont qualitativement différents des équilibres classiques à la Hotelling. Les taxes appliquées au flux de ressource deviennent neutres. Les politiques économiques ne parviennent à réduire la production de pétrole qu’en soutenant les substituts non drastiques actuellement produits. La taxe carbone pénalise non seulement le pétrole, mais aussi ses substituts carbonés actuels ; elle provoque ainsi une augmentation de la production courante de pétrole.

2014.06
Nutrient Allowances Market and Wetland Abatement

Natacha Fauvet – Jean-Christophe Pereau

Résumé
La fonction de régulation offerte par les zones humides est très efficace pour réguler les rejets agricoles et la pollution de l’eau. L’objectif de cet article est de montrer comment les agriculteurs peuvent utiliser cette fonction de régulation afin de remplir les objectifs de réduction de pollution fixés par un régulateur, à travers un marché de permis des nutriments. L’introduction d’un marché dans le programme de maximisation de l’agriculteur induit une incitation soit à la réduction de la quantité utilisée d’engrais par hectare, soit à la restauration d’hectares de zones humides sur les terres agricoles. Les résultats de la statique comparative exprime une corrélation négative entre la quantité de permis par agriculteur et l’usage d’engrais. De plus, la quantité de permis par agriculteur est négativement corrélée à la surface de zone humide.

2014.05
Assessing and Ordering Investment in Polluting Fossil-fueled and Zero-carbon Capital

Oskar Lecuyer – Adrien Vogt-Schilb

Résumé
Cet article étudie la transition du capital polluant (centrales au charbon) vers du capital plus propre ( centrales à gaz) et vers du capital zéro carbone (énergie renouvelable). Nous modélisons la rareté des ressources, l’irréversibilité des investissements, les couts d’ajustement et un budget carbone. Affin de lisser l’investissement et les couts associés, il est optimal de commencer à construire des centrales renouvelables couteuses avant d’épuiser les ressources fossiles peu couteuses.
Investir dans des centrales à gaz à permet toutefois de construire moins de renouvelable à court terme et de déplacer les efforts du court vers le moyen terme. Enfin, le critère populaire du cout moyen actualisé de l’électricité (LCOE, levelised costs of electricity), est biaisé en faveur des technologies intermédiaires (gaz) et en défaveur du renouvelable s’il est calculé à partir des prix courants.Ces résultats sont illustrés par des simulations numériques du secteur électrique européen calibrées sur les hypothèses de la feuille de route à 2050 de la Commission Européenne.

2014.04
An Instrument that Could Turn Crowding-out into Crowding-in

Antoine Beretti – Charles Figuières – Gilles Grolleau

Résumé
Dans la perspective de la Théorie de la décision, nous modélisons des agents avec différentes motivations intrinsèques et nous étudions leurs réactions à l’introduction d’incitations monétaires. Cet exercice montre que les résultats empiriques soutenant l’existence d’un effet d’éviction agrégé peuvent cacher une réalité complexe aux niveaux individuels. Nous proposons également un nouvel instrument de régulation qui utilise l’hétérogénéité des agents afin d’éviter le risque d’un effet d’éviction des motivations intrinsèques par les incitations extrinsèques, et qui est même susceptible de produire un effet de renforcement de ces deux types de motivations. Cet instrument s’appuie sur un mécanisme d’auto-sélection qui permet d’offrir un cadre incitatif adapté à chaque type d’agent.

2014.03
Towards a Clean Vehicle Fleet: from Households’ Valuation of Fuel Efficiency to Policy Implications

Bénédicte Meurisse – Maxime Le Roy

Résumé
Le comportement des ménages au regard de l’efficacité énergétique de leur véhicule est examiné dans ce papier. Nous proposons d’approcher le Consentement à Payer (CAP) pour une meilleure efficacité énergétique du véhicule par la variation de revenu compensatoire. Plus précisément, nous distinguons le consentement à payer ou à recevoir (CAR) pour l’achat d’un véhicule moins consommateur de carburant du CAP théorique pour une réduction de la consommation de carburant sans devoir changer de véhicule. Puis, en supposant que le ménage est contraint de changer de véhicule, nous estimons le CAP pour l’achat du véhicule le plus efficient.
Les impacts d’une taxe sur le carburant et/ou d’un système de bonus-malus sur le CAP pour l’achat du véhicule le plus efficient et sur les distances parcourues en véhicule particulier sont également discutés. Nous trouvons que le CAP pour l’achat du véhicule le plus efficient diminue avec l’instauration de la taxe. Au contraire, l’instauration d’un système de bonus-malus conduit à une hausse du CAP pour l’achat du véhicule le plus efficient. Toutefois, diminuer le prix de marché d’un véhicule (i.e. avec un bonus) augmente le risque d’effet rebond. Cependant, une taxe sur le carburant, pourvu qu’elle soit suffisamment élevée, permet d’annuler l’effet rebond.

2014.02
Conservation Priorities when Species Interact: the Noah’s Ark Metaphor Revisited

Publié dans PLoS ONE 9(9), Septembre 2014.

Pierre Courtois – Charles Figuières – Chloé Mulier

Résumé
Cette note intègre les interactions écologiques dans le problème Arche de Noé [ML Weitzman, The Noah’s Arch problem, Econometrica 66 (6) (1998) 1279-1298]. Ce faisant, nous arrivons à un modèle général pour étudier le classement des projets de conservation in situ pour des espèces en interactions, et nous offrons une méthode coût-efficacité opérationnelle afin de mieux préserver la diversité sous une contrainte de budget.

2014.01R2
Optimal Abatement of Carbon Emission Flows

Version révisée 06.2015. Publié dans Journal of Environmental and Economics Management. 74: 55-70 (2015).

Michel Moreaux – Cees Withagen

Résumé
Nous caractérisons les politiques optimales de capture et stockage du carbone qui permettent de réduire les dommages induits par l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère, qu’implique l’utilisation d’une ressource polluante épuisable. Nous déterminons les conditions sous lesquelles il convient de procéder à une capture totale ou partielle, ou de ne pas intervenir. En l’absence de CCS, le stock de carbone peut suivre une trajectoire en U inversé. En présence de CCS, des comportements plus compliqués peuvent se produire. Nous montrons qu’il peut être optimal de recourir initialement à une capture totale, induisant un stock décroissant, puis à de la capture partielle en conservant le sotck de CO2 constant, puis dans une phase finale de cesser la capture tout en générant un stock de CO2 en forme de U inversé. L’introduction de la notion d’adaptation dans le modèle formel nous permet d’exposer une théorie unifiée de la capture et de l’adaptation.